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Assainissement du fichier des fonctionnaires enseignants : Les erreurs à éviter ! (Opinion)

Assainissement du fichier des fonctionnaires enseignants : Les erreurs à éviter ! (Opinion)

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Dans le point 2 du protocole d’accord du 10 Janvier 2019 entre gouvernement et SLECG, les signataires ont évoqué la mise en place d’une commission mixte (gouvernement, USTG et SLECG) dont la mission consistera à assainir le fichier des fonctionnaires enseignants. La composition de ladite commission semble moins rassurante car, elle n’est ni inclusive (pas de représentants de la société civile, pas d’experts indépendants,…), ni professionnelle. Nous savons tous la suite !

 

 

Mais, le lait est versé, nous ne pouvons plus rien. Apparemment !

A présent, posons-nous la question à savoir : Quelles sont les éventuelles erreurs à éviter pour aboutir à un résultat effectif et  efficace ?

 

 

En effet, il faut rappeler que plusieurs autres recensements ont été commandités et réalisés dans le but d’assainir le fichier des fonctionnaires notamment les enseignants. Malheureusement, leur fiabilité a été toujours remise en cause.

 

 

Le présent recensement dont fait cas le protocole d’accord du 10 Janvier bien que ne figurant pas dans la plate-forme revendicative est une occasion idoine d’assainir, une fois pour toute le fichier des fonctionnaires enseignants mais aussi et surtout, faire des économies afin d’augmenter le salaire de base des enseignants guinéens.

 

Pour ce faire, les parties prenantes doivent éviter un certain nombre d’erreurs éventuelles pour aboutir aux résultats escomptés. Ce sont :

 

 

1-L’Amateurisme : Le recensement est une opération de collecte de données quantitatives de façon objective, méthodique et rationnelle pour un but bien déterminé.

Pour le cas-ci, il s’agit de connaître le nombre d’enseignants en situation régulière, faire des économies et améliorer les conditions de vie des enseignants en rehaussant leur salaire de base. Espérons-le bien !

 

Un tel travail à la fois complexe et gigantesque mérite d’être effectué avec minutie et méthodique. Ainsi, il faudrait :

 

-Élaborer le chronogramme détaillé du recensement (phase préparatoire, phase de réalisation, phase d’analyse et de rédaction du rapport);

 

-Élaborer le budget prévisionnel y afférent ;

 

-Déterminer les moyens matériels et humains nécessaires ;

 

-Concevoir les fiches de collecte (questionnaires) ;

 

-Former les agents sur les techniques de collecte des informations, le codage et la conduite à adopter ;

 

-Circonscrire le concept  »Enseignant Fictif » ; etc.

 

 

2-L’exclusion : Même si le protocole d’accord prévoit que le recensement en question soit effectué par les représentants du gouvernement, du SLECG et de l’USTG, il faudrait éviter tout règlement de comptes à l’endroit des enseignants non affiliés au SLECG. Car, la liberté et la pluralité syndicale sont consacrées par nos lois.

C’est pour cela, il serait judicieux que le travail soit piloté par un cabinet indépendant ou des experts indépendants.

 

 

Enfin, il est noté que l’amateurisme, l’exclusion et la précipitation ne favoriseront un assainissement effectif et efficace du fichier des fonctionnaires enseignants. Une telle démarche pourrait nous conduire vers une autre crise dans les mois à venir. D’où, la nécessité de commencer par avoir une approche réaliste et une méthodologie rationnelle afin de trouver un résultat consensuel et accepté de tous.

 

 

Aboubacar Mandela CAMARA 

Sociologue /Enseignant-Chercheur /Consultant en éducation 

Activiste, Promoteur et Défenseur du droit à l’éducation

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