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Beijing rejette les propos de Rex Tillerson sur « le piège de la dette » de l’Afrique envers la Chine

Beijing rejette les propos de Rex Tillerson sur « le piège de la dette » de l’Afrique envers la Chine

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Beijing a rejeté mardi les allégations de Washington selon lesquelles les prêts chinois laissent les pays africains couverts de dettes, en soulignant que le soutien financier de la Chine aide les pays du continent africain à « accomplir leur industrialisation et leur modernisation ».

 

« La Chine accorde depuis toujours une grande attention à la viabilité de la dette africaine et poursuit l’idée d’un développement intensif, selon la conviction que le développement de grands projets d’infrastructure et de l’industrie en Afrique doit être planifié et encouragé des deux côtés », a déclaré Geng Shuang, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, durant une conférence de presse.

 

« Nous cherchons les avantages sociaux et économiques des programmes, ainsi que la capacité de l’Afrique à un développement durable indépendant, de manière à éviter d’alourdir le fardeau de la dette des pays africains. Nous espérons que d’autres pays pourront agir davantage pour le développement de l’Afrique et envisager la coopération sino-africaine de manière objective et juste », a-t-il ajouté sans nommer aucun pays ou fonctionnaire.

 

La réaction chinoise est arrivée immédiatement après les propos du secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, qui a estimé mardi que l’approche chinoise du développement en Afrique « encourage une dépendance » qui affaiblit la souveraineté des nations. Rex Tillerson a fait ces remarques au moment d’entreprendre son premier voyage officiel sur le continent. Son itinéraire l’emmènera en Ethiopie, au Kenya, à Djibouti, au Tchad et au Nigeria au cours de la semaine.

 

« L’investissement chinois a le potentiel de combler le manque d’infrastructures en Afrique, mais son approche conduit à une dette croissante et à la création de peu d’emplois dans la plupart des pays », a déclaré M. Tillerson, accusant Beijing de piéger les gouvernements africains avec « des contrats opaques, des prêts prédateurs et des affaires de corruption qui engluent les pays dans la dette. »

« Lorsque l’on ajoute à cela des pressions politiques et fiscales, cela met en péril les ressources naturelles de l’Afrique et la stabilité économique et politique sur le long terme », a-t-il affirmé.

 

Le porte-parole chinois a répliqué aux allégations « subjectives » des Etats-Unis, en expliquant que la « dette de certains pays africains s’est formée sur une longue période » et non pas en quelques années. M. Geng a également précisé que la Chine n’est pas le principal créancier des pays africains, comme l’ont prétendu les autorités américaines.

 

« L’aide financière de la Chine à l’Afrique concerne principalement la construction d’infrastructures et la gestion de la production. Les entreprises chinoises ont construit de nombreux projets d’infrastructure en Afrique, notamment des autoroutes, des chemins de fer, des ports, des aéroports et des installations de communication, qui ont grandement amélioré l’environnement des affaires en Afrique et aidé le continent à attirer des investissements étrangers et renforcer sa capacité d’autosuffisance », a-t-il déclaré.

 

« Outre les prêts, le gouvernement chinois est plus susceptible d’encourager les entreprises chinoises à accroître leurs investissements directs en Afrique et offre son soutien pour les guider, tout en explorant activement de nouveaux modèles de coopération d’investissement tels que les partenariats public-privé », a-t-il ajouté.

La Chine est accueillie par les Africains, affirme un général américain

Même le général Thomas Waldhauser, chef du Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique, a convenu de l’engagement positif de la Chine en Afrique lors d’une audition au Congrès mardi, où les discussions se sont concentrées sur le rôle de Beijing sur le continent.

 

« Les Chinois construisent des infrastructures. Ils construisent un centre commercial, ils ont construit un stade de football, ou encore des équipements de communication », a déclaré M. Waldhauser.

 

Les bases militaires américaines et françaises à Djibouti ont précédé celles de la Chine, mais la présence chinoise dans le pays est indéniable et bien accueillie par les habitants, a-t-il ajouté.

Rex Tillerson a promis dans son premier grand discours sur les relations entre les Etats-Unis et l’Afrique un « brillant avenir » pour le continent, en soulignant que l’administration Trump est « déterminée à sauver des vies en Afrique ».

 

Tout en annonçant un plan d’aide humanitaire supplémentaire de 500 millions de dollars pour combattre la famine, l’insécurité alimentaire et d’autres problèmes liés aux conflits en Somalie, en Ethiopie, au Soudan du Sud et dans le bassin du lac Tchad, M. Tillerson n’a pas précisé d’où viendraient les fonds avancés par son administration.

Les analystes ont souligné que la relation des Etats-Unis avec l’Afrique a été déterminée par le Pentagone ces derniers temps. Le Département d’Etat dirigé par Rex Tillerson a également présenté une demande de budget pour 2019 qui réduirait les programmes de santé américains en Afrique d’un cinquième et les programmes diplomatiques de plus d’un tiers.

 

Selon les observateurs, cela signifie que Washington ne sera pas en mesure d’égaler l’investissement proposé par la Chine au continent au cours des prochaines années.

Le président chinois Xi Jinping a promis 60 milliards de dollars d’aide à l’Afrique durant son discours au Forum sur la coopération sino-africaine à Johannesbourg, en Afrique du Sud, en décembre 2015.

Le général Waldhauser a admis que Washington « ne dépensera jamais autant que les Chinois sur le continent africain ».

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Source:french.china.org.cn

 

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