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COMMUNALES DU 4 FÉVIER 2018 : LE VOTE DE INDIFFÉRENCE

COMMUNALES DU 4 FÉVIER 2018 : LE VOTE DE INDIFFÉRENCE

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Comme promis, la commission électorale nationale indépendante (CENI) a été pour cette fois au rendez-vous de l’histoire en organisant la deuxième élection communale et communautaire le 04 février 2018. Treize ans après, cette consultation électorale réclamée à cor et à cris par les acteurs politiques de tous bords a vécu. Avec toutefois, la problématique de l’affluence des électeurs qui, de toute évidence ne se sont pas bousculé devant les urnes. Pour quelles raisons ?

Difficile d’y répondre de façon tranchée, mais il faut relever que depuis le lendemain des élections présidentielles de 2010, les acteurs politiques de l’opposition n’ont eu de cesse d’appeler au respect du calendrier électoral.  Dans l’esprit et la lettre du code électoral, donc de la Constitution, les élections législatives auraient dû se tenir à moins d’un an. De mémoire de citoyen, on se souvient que c’est à la suite des nombreuses manifestations aux conséquences douloureuses par ailleurs que les élections législatives ont été organisées. Nous connaissons la suite.

 

Après l’installation des députés, il a été aussi et encore question du respect de la loi. Face aux tergiversations et atermoiement, l’opposition républicaine s’est vue obligée encore de battre le pavé et de sacrifier de nombreuses vies exiger l’organisation des communales. Le manque de moyens financiers ayant été brandi pour justifier le retard pris, c’est au prix du consensus qu’il a été finalement décidé de coupler les communales et les communautaires. Une option qui a été diversement interprétée dans les rangs de la classe politique, de la société civile, voire par certains citoyens bien informés.

 

Quoi qu’objet de critiques et de réticences, ce compromis a généré le changement des règles du jeu. Tel que le désirent les acteurs politiques, il est désormais établi que les élections de proximité sont politiques contrairement aux dispositions du code électoral. Et pour faire bonne mesure,  quelques articles de la loi électorale ont malgré tout été mis au goût du jour.

Malgré les nombreuses critiques et réserves de certaines formations politiques et d’acteurs de la société civile, ce projet de loi passe devant l’Assemblée nationale comme lettre à la poste. Et sa promulgation par le  président de la République n’aura pas souffert du moindre retard.

C’est bien dans cette atmosphère que la CENI qui n’a par ailleurs pas bonne réputation  s’est dite parée pour  organiser ces élections tant souhaitées.

 

Une fois la balle lancée, les acteurs politiques ont investi les rues, les quartiers, districts, Préfectures, et communes pour une morne campagne. Les ministres du gouvernement ne se sont pas laissé conter l’histoire car ils se sont transportés dans les Préfectures pour battre campagne au profit du parti présidentiel. Mais tout cela n’a pas réveillé l’intérêt d’un électorat, visiblement frustré et déçu et qui ne trouvait pas de motif la peine d’aller voter. Il reste après tout que ces treize ans de retard semblent avoir fait germer une masse critique telle qu’à la base, on ne croit plus au miracle encore moins aux discours creux ou ronflants.

Aboubacar Condé

628 16 04 80

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