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Kindia: Les facteurs socio-culturels, un véritable frein à la planification familiale.

Kindia: Les facteurs socio-culturels, un véritable frein à la planification familiale.

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Kindia est une ville située à un peu plus d’une centaine de Km de Conakry, la capitale guinéenne. Ici la réticence face à la planification familiale a la vie dure. Cela est visible dans certaines sous-préfectures de Kindia notamment Molota, Madina woula, Damakania… Des femmes  se posent encore des questions d’ordre socio-culturel sur la légitimité de la planification Familiale.

 

Selon l’organisation mondiale de la santé, la planification familiale (PF) est l’ensemble des moyens qui concourent au contrôle des naissances, dans le but d’offrir la latitude  aux familles d’avoir ou pas un enfant.

 

Dans la zone de  Kindia, les populations de certaines sous-préfectures vivent leur propre réalité. Les femmes en âge de procréer  pensent que procéder à la planification familiale va à l’encontre des normes religieuses et des traditions. Mamata Sylla, la trentaine est vendeuse et vit dans la sous-préfecture de Molota dans Kindia. Elle estime que la PF est contraire à sa foi.

 

«La planification moi je ne l’ai jamais fait, Dieu est le seul qui soit capable de donner un enfant  dès que le moment arrive. Donc pas besoin de prendre ou ne pas prendre des produits» explique t – elle lors d’une rencontre organisée en février 2019 par l’Association des Femmes Journalistes de Guinée qui travaille justement sur une recherche opérationnelle en vue de déterminer les freins à l’accès des femmes aux soins de santé en général et aux soins liés à la santé de la reproduction en particulier.

 

  Ce n’est pas le seul facteur de réticence, car en plus de la religion, il y a l’influence de la position du mari et de la famille qui pèse lourd dans le choix de la femme de choisir ou pas une méthode moderne de contraception.

 

« Les difficultés sont liées aux parents. Quand tu arrives à faire des causeries certaines comprennent mais elles vous diront qu’il  faut l’accord de la famille, surtout les jeunes filles qui ont peur que leur parent ne se rend compte qu’elles ont commencé les activités sexuelle. D’autres c’est tout simplement le mari qui s’y oppose. Il faut beaucoup de temps et d’explications pour que les femmes acceptent de se planifier. Il y a donc beaucoup à faire dans  le cadre de la planification » témoigne Dr M’mahawa Conté surveillante générale de la maternité de l’hôpital régional de Kindia.

 

La Guinée s’était fixée l’objectif d’aller au-delà de 22% de taux de prévalence pour l’utilisation des méthodes contraceptives en fin 2018. Mais le pays n’a pas pu atteindre cet objectif à cause aussi de la réticence. Malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation organisées par le ministère de la santé et les structures sanitaires, la position de la religion sur le sujet de la PF n’est toujours pas bien comprise. Les coutumes qui encouragent les femmes à faire plusieurs enfants sans respecter le temps nécessaire de l’espacement demeure une pratique récurrente dans la ville de Kindia.

 

« Nous sommes en train de faire un effort pour la sensibilisation, parce que jusqu’ici  l’importance de la PF n’est pas encore connue par la population, pour elle  ça va à l’encontre de la religion, certaines femmes également sont empêchées par leurs maris de venir pour ces services » a déclaré Dr Camara Soty Mory, chef du centre de santé Madina Oula, une localité situées à 65,1 Km de Kindia.

 

En plus de la réticence d’ordre socio-culturel, certaines femmes ont peur des effets secondaires, explique cette citoyenne de Damakania qui requière l’anonymat, « parlant de la PF, elles ne sont pas nombreuses  les femmes qui se planifient pour espacer les naissances par peur que cela ne leurs créés autres complications à l’avenir ».

 

Pour remédier à tous cela le chef de centre de Damakania a mis en place des stratégies pour intéresser les femmes à leurs services de planification familiale.

« Nous avons des stratégies fixes c’est-à-dire toutes les femmes qui viennent pour la CPN nous profitons pour leur expliquer le bien-fondé de la PF. Nous avons aussi les stratégies mobiles : c’est-à-dire les visites domiciliaires au cours desquelles nous expliquons profondément aux femmes l’importance de ce service des fois nous associons leurs maris dans nos rencontres pour leur expliquer les avantages » témoigne Dr Massé Condé Chef du centre de santé de Damakania.

 

Les échanges dans la communauté avec les femmes et leurs familles ont porté fruit et permettent de dépasser les barrières.

 

« Ah ! Nous c’est la sensibilisation ça c’est notre arme, on sensibilise tous les vendredis et tous les jours. D’ailleurs on sensibilise à la CPN au PEV  pour qu’elles adhèrent à cette activité, l’importance de la planification on explique. On a les boites à images avec lesquelles nous fesons les démonstrations des produits contraceptifs aux femmes qui viennent et en CPC, CPN au PEV. » Explique Dr Fodé Mangué Camara Chef  du centre de santé de Molota

 

Ces stratégies vont-elles rehausser positivement le niveau de compréhension des femmes sur l’importance de la planification familiale? L’avenir nous le dira.

 

Hadiatou Yaya Sall

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