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MEF : Où sont passés les 90 millions de dollars versés par Orange-Guinée ?

MEF : Où sont passés les 90 millions de dollars versés par Orange-Guinée ?

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Le feuilleton sur la traçabilité des 90 millions de dollars américains versés par la société de téléphonie mobile Orange-Guinée polarise l’attention des guinéens. Un montant qui est la contrepartie de l’acquisition de la licence d’exploitation de la 4G. Des questions sont posées et des réponses tardent à venir et l’opinion s’impatiente. Les curieux se posent moult questions notamment : Ce montant a-t-il été effectivement versé au trésor public? Pourquoi, il est difficile de voir la trace de ce montant dans le livre économique ? Ce montant a-t-il été caché lors de la 3e revue de facilité élargi de crédit piloté par le fond monétaire international ? Il est effectivement à quel niveau ?

 

En attendant la publication du rapport de mission de Mme Giorgia Albertin pour trouver la réponse à l’une des questions, nous avons jugé utile d’interroger deux cadres guinéens. Il s’agit de M. Bakary Sylla, chef de cabinet du ministère de l’économie et des finances et M. Mohamed Conté, directeur des études et de la recherche de la banque centrale de la République de Guinée pour éclairage.

 

A la question de savoir si le montant précis a été versé à l’Etat guinéen, le chef de cabinet du ministère de l’économie et des finances répond : « nous avons effectivement lu avec stupeur les griefs contenus dans cet article et relatif au paiement des licences 2G, 3G et 4G par Orange-Guinée. Je voudrais rectifier un certain nombre de vérité notamment en ce point-là. Le 14 mars 2019, le gouvernement guinéen à travers le ministère des télécommunications et de l’économie numérique et Orange-Guinée a signé une convention de concession de l’établissement et l’exploitation du réseau de télécommunication mobile de type 2G, 3G et 4G pour un montant total de 90 millions de dollars US. C’est bien sûr à ce titre qu’Orange-Guinée a effectué un premier virement de la moitié du prix de renouvellement des licences soit 45 millions de dollars US sur un compte de transite de l’autorité de régulation des postes et télécommunication. La seconde moitié sera évidemment versée au cours du 2e semestre 2019Donc, c’est une facilité de paiement que nous avons accordé à la société de téléphonie mobile pour la licence 2G, 3G et 4G.»

 

Le gouvernement a-t-il voulu cacher la traçabilité de ce montant à la mission du FMI ? Bakary Sylla explique : « il faut savoir que la revue courrait l’année 2018 et quelle regardait aussi les perspectives. Or, le versement d’Orange a eu lieu plus tard que cela. C’est-à-dire après le premier trimestre. Mais sur le compte de transite de l’ARPT et le ministère de l’économie et des finances a pris des mesures pour que  soit fait du compte de l’ARPT vers les livres du trésor public. Donc, il n’ya rien de cacher, il y’a juste un problème temporel qui fait que le 1er trimestre, il n’y’a pas eu de versement et c’est au second trimestre qu’il y’a eu versement. Et des mesures sont déjà prises pour que ça soit constaté dans le livre du trésor public de la République de Guinée. »

 

Des versions que confirme le directeur des études et de la recherche de la BCRG : « je confirme avec certitude que ce montant de 45 millions de dollars ont été versés au trésor public et il y’a une traçabilité. Parce que la licence coutait 90 millions et dans les modalités de paiement, il a été prévu de payer 50% de ce montant. Et c’est ce qui a été payé au mois de mars. Ces traces vous pouvez même les retrouver dans ce qu’on appelle le budget en début de la banque centrale pour le compte du trésor. Il est prévu que l’autre moitié, c’est-à-dire les 50% soient payés courant 2019. »

 

Quant à savoir si la Guinée avait l’obligation d’évoquer ladite transaction pendant la revue, Mohamed Conté explique : « … ça dépend un peu du cadrage. Vous savez le programme avec le fond, il est suivi par ce qu’on appelle les critères. Pour chaque période de révision, il y’a ce qu’on appelle les critères quantitatifs et les critères structurels qui sont fixés en principe comme repère pour le pays. Et quand ils viennent, la revue porte d’abord sur ces différents critères, les engagements qui ont été pris par le gouvernement guinéen pour une période donnée vis-à-vis du fond monétaire. Et l’évaluation se fait sur la base des critères déjà définis au préalable pour savoir si les engagements pris ont été respecté.»

 

Est-ce possible d’annoncer d’autres prévisions ? Le directeur des études et de la recherche de la banque centrale de la république de Guinée édifie : «  non non…quand on fait le cadrage, il faut le suivre. Il y’a des recettes, les dépenses exécutées pendant la période. Nous avons une certaine visibilité sur cette projection sur une période donnée. Quand on arrive, c’est ça qu’on regarde et cela est connu des deux parties. »

Décryptage Fatoumata Barry

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