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Profil migratoire de la Guinée : Ces chiffres qui inquiètent…

Profil migratoire de la Guinée : Ces chiffres qui inquiètent…

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La ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger a présidé l’ouverture de l’atelier de validation du profit migratoire de la Guinée en présence de Madame N’Diaye Fatou DIALLO, Chef de mission de l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM) et du représentant du directeur de l’Institut national des statistiques (INS),  Mamadou Camara.

L’élaboration de ce profil migratoire est conjointement financée par l’Union Européenne et la CEDEAO dans le cadre d’un projet régional de soutien à la libre circulation des personnes et de leurs biens en Afrique de l’ouest. Notons qu’à l’instar de la Guinée l’OIM et ses partenaires apportent un appui au processus d’élaboration du profil migratoire du Benin, de la Gambie, du Mali, de la Sierra Léone et du Libéria.

 

N’Diaye Fatou DIALLO, s’est souvenue que la Guinée a longtemps accueilli des centaines, voire de milliers de déplacés en provenance des pays voisins, jadis, au centre de conflits violents. « Environ 650.000 déplacés libériens et Sierra Léonais étaient venus se réfugier en guinée et à la même période, environ 320.000 Guinéens se déplacèrent à l’intérieur du pays après avoir été touchés par ces mêmes conflits qui avaient débordé les frontières du coté guinéen ».Récemment, es mouvements migratoires internes se sont accentués pendant la présence d’Ebolaet elle souligne rappelle que de nos jours, la Guinée continue d’accueillir de nombreux ressortissants de l’espace CEDEAO.

 

Ces derniers s’orientent principalement vers la Haute-Guinée, une enquête réalisée au sein de la CEDEAO montre que 84% des flux migratoires en Afrique de l’ouest ont pour destination un autre pays de la sous-région, un chiffre sept fois plus élevé que celui des flux vers les autres régions du globe où alors entre 80 et 90 % de la mobilité en Afrique de l’Ouest se passe dans la région ouest africaine. De même, on constate depuis quelques temps des départs massifs de jeunes filles et de garçons vers les pays de la CEDEAO et vers les pays de l’Occident. Ainsi environ 13.342 Guinéens sont arrivés sur le sol Italien pour l’année 2016 contre 2.629 en 2015, selon les statistiques susmentionnées. Cela dénote la nécessité pour la Guinée de se doter du profil migratoire, car c’est un outil important pour contribuer de manière aisée et efficace à la gestion de la migration dans toutes ses dimensions. Ce profil permettra aussi de disposer d’ informations comparables au niveau international et constituera un outil très pertinent au niveau national, « car une fois amendé et validé par les Ministères  concernés par la migration, ce profil servira d’outil clé pour permettre d’avoir une accumulation d’informations pour l’analyse des tendances migratoires, éclairer les parties prenantes et renforcer la prise en compte de la migration dans les politiques publiques.

 

Par ailleurs, la politique nationale de migration pour la Guinée sera fondée sur des données et des informations fiables et récentes grâce à l’existence du profil migratoire qui donnera un aperçu de priorité pour les actions de l’Etat et permettra également de mettre un lien entre la migration et le développement d’un pays. L’OIM a une large expérience avec l’élaboration de  plus de 50 documents politiques migratoires dont 17 en Afrique. Madame N’Diaye Fatou DIALLO a conclu que cet outil constituera pour la Guinée un document de référence pour la gestion de sa migration sur son territoire ainsi que dans l’espace CEDEAO et pourra s’appuyer dorénavant pour contribuer de manière significative et maximiser le potentiel de son développement lié à la libre circulation des personnes et la migration en Afrique de l’ouest.

 

Pour sa part, le représentant du directeur de l’Institut national des statistiques a annoncé qu’avec l’appui du gouvernement et ses partenaires, l’Institut est en train d’élaborer un outil privilégié de production en quantité et en qualité d’informations statistiques fiables en matière de migration devant permettre de garantir la disponibilité des statistiques fiables après un recensement de la population générale.

 

La ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger a rappelé qu’en Afrique de l’Ouest les migrations font partie de l’histoire. Makalé Camara se fonde sur une étude réalisée en mars 2015 au sein des pays de la CEDEAO montrant qu’environ 80 % des flux migratoires se concentrent au sein de cette région ce qui contribue d’ailleurs à son renforcement. Cela dit, elle a souligné rappelé que des jeunes Guinéens sont chaque fois victimes de naufrage en haute mer au cours de la traversée mais aussi de maltraitances physiques, psychologiques et morales. « Ils sont également victimes de refoulement forcé aux frontières, de détention préventive, de crimes perpétrés sans suite judiciaire et des femmes et enfants  sont également dans cette situation.

En 2015, 2.629 guinéens sont arrivés en Italie de manière irrégulière, en 2016 ils étaient déjà 13.342 sur le même sol et en 2017 les même tendances ont été enregistrées. Elle termine par rappeler que l’OIM en collaboration avec le gouvernement a procédé au rapatriement volontaire de 2.337 personnes en république de Guinée en 2016 et de plus de 1.220 au début de l’année 2017.

 

Face à cette situation le gouvernement et ses partenaires techniques notamment l’OIM, la CEDEAO et l’Union européenne ont formulé des réponses urgentes et par-delà élaborer et valider le profil migratoire qui condensera l’état des lieux, l’analyse et les données liés aux questions migratoires.

 

CCG

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