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Boké: routes impraticables, accès aux soins de santé menacé dans la sous-préfecture de Bintimodia (Reportage)

Situé à 227 km de Conakry, Bintimodia est une sous-préfecture de la ville de Boké. Ici la population rencontre d’énorme difficulté pour avoir accès aux soins de santé. Les routes sont dégradées voire inexistantes. A côté, on note la rareté des transports en commun à l’intérieure de la ville, ce qui rend difficile l’évacuation des malades notamment les femmes enceintes ayant des complications.

 

Habité essentiellement par des cultivateurs et commerçants, Bintimodia souffre d’un manque d’infrastructure routière criant. Pour se rendre d’un village à un autre, il faut nécessairement disposer d’un moyen de transport personnel. A défaut, il faut faire recours à un moyen de transport en commun, ce qui est pratiquement rare en raison de l’état de dégradation avancée du réseau routier de cette localité.

Quand il y a en quelques rares fois, les habitants de cette sous-préfecture ont du mal à payer car le coût est trop élevé. La principale route reliant la commune urbaine de Boké à Bintimodia est en grande partie non goudronnée. En saison hivernale, la situation est pire car la pluie contribue à la dégradation de la route. L’état piteux des routes constituent un frein au développement et limite l’accès des femmes aux soins de santé notamment aux soins liés à la santé de reproduction et sexuelle.

 

Les malades notamment les femmes paient le prix fort dans cette situation

 

Dans la sous-préfecture de Bintimodia, une femme enceinte qui fait face à des complications et qui doit être référer dans un hôpital doit patienter plusieurs heures avant d’avoir un moyen de transport. Dans ce genre de cas, la patiente risque d’y laisser la vie.

 

 

En ce qui concerne les cas de maladies graves la situation est très inquiétante selon les habitants. Ils ont du mal à transporter leurs malades  car en plus du coût, il n’est pas facile de trouver un véhicule. Les quelques rares citoyens possédant un moyen de déplacement  n’ont que des motos ou des vélos. Assis sous un manguier, Aminata Camara nous raconte son calvaire.

« Le véritable problème c’est la pauvreté, comment se rendre à l’hôpital si vous n’avez rien même si les docteurs nous soignent par fois à crédit  mais c’est dans l’espoir d’être payer après. Moi je suis obligée d’aller jusqu’à Kamsar pour faire le commerce au moins pour subvenir à mes besoins. J’ai 6 enfants mon mari est mort. Comment subvenir à leur besoin ? Je paye 25 000 comme transport, comment acheter du riz ? Comment se soigner. Notre seul problème c’est le manque de route et de marché » déplore Aminata Camara.

 

 

A l’absence de route, les citoyens sont obligés de faire la marche à pied. Mais une femme enceinte en plein travail, un malade à l’agonie peuvent – ils se marcher de Bintimodia à une autre ville pour recevoir les soins nécessaires ? Non, nous répond Mariama Ciré Camara, commerçante qui perdu son enfant à la naissance parce qu’elle n’a pas été admise à temps à l’hôpital préfectoral.

 

« Le déplacement nous fait beaucoup souffrir parce qu’on n’a pas de moyen de transport, ou mettre notre malade et l’envoyer à l’hôpital, il te faut sortir et aller chercher un moyen de déplacement très cher,  si tu n’as pas de moyen de transport tu vas souffrir ou mourir.  Nous souffrons beaucoup surtout ceux qui viennent de loin. D’autres n’ont que 30000 à 40000 sur eux et si on te demande le transport tu payes, ensuite tu payes les médicaments pour ton malade. Il faut qu’il y est une ambulance pour transporter les malades c’est tout »  propose Ousmane Bangoura.

 

Parlant d’ambulance, nous avons rencontré le responsable du centre de santé de Bintimodia, qui a expliqué deux cas de figure pour nous faire comprendre l’ampleur du problème.

 

« Quand il y a un problème au niveau du village et qu’il faut aller chercher une femme qui fait des hémorragies foudroyantes là-bas, il faut que son mari prenne le vélo pour venir t’informer, toi aussi tu prends ta moto, tu le suis, le fait de faire des vas et viens pour arriver dans ce village seul Dieu peut la sauver. Et arriver avec tes moyens rudimentaires là, ton sac au dos, les gants, quel médicament tu vas envoyer, quel matériel, tu ne peux pas. L’essentiel c’est de la mettre dans un véhicule directement, référence d’urgence, mais ici, nous n’avons pas de voiture ni d’ambulance », déplore le docteur Lamah, chef du centre de santé Bintimodia. Les femmes qui font face aux complications d’hémorragie sont souvent exposées à de graves complications en raison du fait qu’elles sont prises en charge tardivement. Tout cela est dû à l’absence d’une ambulance.

 

« Par exemple si tu as un problème de rétention placentaire ou d’un cordon qui bat, il faut chercher un taxi pour référer la personne. Là tu vas faire une heure de temps minimum avant d’en avoir, aller chercher la malade puis pendre la route de Boké ou de Kamsar et pendant tout ce temps il y a l’hémorragie qui continue. Tu veux évacuer à temps mais tu ne peux pas par ce qu’il n’y a rien à la base. On dit par endroit que quand tu es informé et formé tu prévois l’hémorragie, mais non ça peut arriver. Ce qui surprend est plus nombreux que ce qu’on planifie. C’est ça », a conclut le docteur Lamah.

 

 

A ce jour, il existe uniquement deux voies d’accès à Bintimodia. Elles sont sablonneuses et n’ont jamais été goudronné. L’une accessible par voiture et l’autre par moto à cause du pont en bois qui grince  à chaque  pas que nous faisons. Et comme si cela ne suffisait pas, le centre de santé n’as pas de sage-femme. Celle qui y a été muté ne vient presque jamais mais ça c’est une autre histoire.

 

 

Hadiatou Yaya Sall

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